[Kyôto] Balade à Gion et visite du sanctuaire Yasaka-jinja

Kyôto est une ville difficile à appréhender, pour moi en tout cas, car il y a tellement de monuments historiques… du coup pour notre première visite, on a décidé de se balader à l’est de la ville : de la gare jusqu’au quartier de Gion, en passant par le temple Kiyomizu-dera et le sanctuaire Yasaka-jinja. Pour cet article, j’ai décidé de vous parler de notre balade, pleine de charme, à Gion… balade qui comprend également la visite de son grand sanctuaire : le Yasaka-jinja 八坂神社.

Commençons par notre visite du sanctuaire Yasaka-jinja, surnommé le “sanctuaire de Gion”… bien que ce ne soit pas le temple le plus spectaculaire de l’ancienne capitale du Japon (et croyez-moi il y en a un paquet), j’ai vraiment beaucoup aimé ce sanctuaire. Son enceinte est située au cœur du parc Maruyama et sa grande porte rouge donne directement sur le cœur du quartier de Gion.

Il y a deux hypothèses quant à sa date de création et son origine : la première, que j’aime beaucoup, soutient que ce sanctuaire daterait de 656 et serait à l’origine d’un fonctionnaire du royaume coréen de Koguryo… c’est la première fois que j’entends qu’un étranger serait à l’origine d’un sanctuaire au Japon, je trouve ça intéressant. La seconde hypothèse, qui au final semble la plus plébiscitée, soutient qu’il daterait en réalité de 876 et qu’il serait à l’origine d’un moine japonais. Il portait alors le nom de Gionsha ou Gion Tenjin et était dédié à Gozu Tennô (dieu taureau des maladies et de la peste).

Puis, en 1868, avec la restauration de Meiji et le décret sur la séparation du shintô et du bouddhisme, ce sanctuaire sera renommé Yasaka-jinja et dédié à Susanoo, kami (divinité shintô) des tempêtes.

sanctuaire yasaka-jinja
sanctuaire yasaka-jinja
sanctuaire yasaka-jinja

Si, comme moi, vous aimez les festivals japonais (Matsuri), vous devez sûrement connaître l’existence du Gion Matsuri 祇園祭, un des trois grands festivals du Japon (les deux autres : Tenjin Matsuri et Kanda Matsuri). L’origine de ce Matsuri remonte à 869, à l’époque des catastrophes naturelles avaient lieu dans tout le pays, mais la ville de Kyôto était également touchée par des épidémies causées par les eaux stagnantes qui débordaient de la rivière Kamogawa pendant la saison des pluies… afin d’apaiser les Kami, une procession de chars avait lieu au sanctuaire Yasaka-jinja.

De nos jours le Matsuri se déroule chaque année sur plusieurs jours : du 14 au 16 juillet, 33 chars imposants (6m de haut) et magnifiquement décorés, appelés Yamaboko 山鉾, sont exposés dans les rues afin d’être admirés. Ces chars, représentant les différents quartiers de la ville, sont particulièrement magnifiques à la tombée de la nuit puisqu’ils sont illuminés. Ensuite, le 17 juillet la parade de chars quitte le sanctuaire Yasaka-jinja pour une procession dans le quartier… On devait s’y rendre lors de notre année au Japon, mais on a finalement pas pu et je le regrette amèrement.

sanctuaire yasaka-jinja

Parmi les nombreux bâtiments du sanctuaire, j’ai particulièrement adoré le Kagura-den (photo ci-dessus), il s’agit d’une sorte de scène où l’on pratique les danses sacrées : Kagura 神楽 et où l’on joue de la musique en offrande aux Kami (divinités shintô) lors des cérémonies. J’aime beaucoup toutes les lanternes sur ce bâtiment qui s’illuminent la nuit… je trouve cet endroit vraiment plein de charme et j’aurais adoré le voir de nuit. Pour l’anecdote, sachez que chaque lanterne porte le nom d’un commerce local (obtenu en échange d’une donation).

Même si le sanctuaire doit être très fréquenté toute l’année, puisqu’on est à Kyôto… il y avait quand même beaucoup de monde lors de notre visite, il faut dire qu’on était en pleine célébration du shichi-go-san 七五三. Le shichi-go-san, littéralement “sept-cinq-trois”, est une cérémonie qui se tient dans les sanctuaires tous les 15 novembre afin de célébrer tous les enfants de 3 ans, les garçons de 5 ans et les filles de 7 ans… il y avait donc beaucoup d’enfants et de familles ce jour-là au sanctuaire.



Même s’il y avait du monde, l’enceinte du sanctuaire est tellement vaste qu’on pouvait sans problème trouver des coins où il n’y avait presque personne… en plus, l’avantage des Matsuri c’est qu’il y a des Yatai (stands de nourriture) avec plein de bonnes choses à manger…

Après avoir visité chaque recoin du sanctuaire (et mangé un peu…), on s’est finalement dirigé vers la porte rouge du sanctuaire, qui donne directement sur l’avenue Shijô-dôri 四条通 du quartier de Gion. Comme le sanctuaire et l’avenue sont séparés par une très grande route, en sortant par la porte on a une magnifique vue, un peu en hauteur, sur l’avenue Shijô-dôri et tous ses bâtiments un peu “vieillot”  (photo ci-dessous).

sanctuaire yasaka-jinja

L’avenue Shijô-dôri est une avenue commerçante où l’on peut trouver pas mal d’objets traditionnels et de produits locaux… il y a beaucoup de monde, mais l’avenue est tellement pleine de charme qu’on en oublie vite la foule.

Après quelques minutes de marche, on a tourné sur la gauche pour l‘avenue Hanami-Kôji 花見小路. C’est une avenue très réputée, avec des restaurants et des maisons de thé plutôt haut de gamme où n’importe qui ne peut pas enter… d’ailleurs, ceux qui ont la chance de fréquenter ces établissements ont le privilège d’être divertis par des Maiko et Geiko. Si vous ne connaissez-pas les Maiko 舞妓 et Geiko 芸子, une petite précision s’impose : une Geiko est en fait une Geisha 芸者 (femme experte dans les arts traditionnels japonais) mais le mot Geisha est utilisé dans la région de Tokyo et Geiko dans la région de Kyôto, tout simplement. Ensuite, une Maiko est une apprentie Geiko qui suit une formation, d’environ 5 ans, afin de se perfectionner dans les arts traditionnels japonais pour ainsi devenir une Geiko.


Sachez tout de même que, si ces restaurants semblent être des lieux privilégiés, il est tout à fait possible en tant que touriste, d’assister à des spectacles pratiqués par des Maiko. Ces spectacles se déroulent quotidiennement au “Gion Corner”, situé au bout de la rue Hanami-Kôji : cet endroit est en fait un théâtre qui propose des représentations, d’un heure, afin que les visiteurs étrangers puissent découvrir certains arts traditionnels, comme des danses pratiquées par des Maiko ou des cérémonies du thé… le tout expliqué en anglais (voir à la fin de l’article pour les infos et le prix)

On a malheureusement rebroussé chemin avant d’avoir parcouru la rue dans son ensemble, mais sachez qu’un temple se trouve à la fin de la rue : le temple Kennin-ji 建仁寺, qui date de 1202 et fait partie des cinq grands temples de Kyôto (Gozan 五山), il a l’air plutôt sympathique, donc ne le loupez pas. Cette avenue est vraiment très jolie, j’ai beaucoup aimé les maisons d’époque préservées, appelées Machiya 町屋 et j’adorerais y revenir de nuit.

Alors qu’on allait poursuivre la visite jusqu’à l’avenue de Shirakawa-dôri 白川通, on est tombé sur un petit temple plein de charme (photos ci-dessus). Il est situé dans une sorte de renfoncement, sur l’avenue Shijô-dôri, ce qui fait que presque personne ne le remarque… c’est exactement pour ça que j’adore flâner dans les rues au Japon, on tombe toujours sur des petits bijoux.

Après quelques recherches sur google map, en zoomant beaucoup… j’ai fini par trouver le nom de ce petit temple : le Chugenjimeyami-jizo… faites bien attention en vous promenant sur l’avenue Shijô-dôri, ce serait dommage de passer à côté de ce temple minuscule mais plein de charme…

Après cette pause complétement inattendue, on reprend notre route pour Shirakawa, les maisons le long des rues sont vraiment magnifiques… avec parfois quelques curiosités, comme avec cette sculpture (photo ci-dessus) d’un petit garçon qui se fait baisser son pantalon par un chien…

Nous voilà arrivés à l’avenue Shirakawa, située le long d’une petite rivière… j’utilise beaucoup ce mot dans cet article et j’en suis désolée mais quel charme ! Le chemin le long de la petite rivière, les maisons traditionnelles (restaurants et maisons de thé), les couleurs de l’automne, il y a même un sanctuaire adorable en plein milieu du chemin… bref c’est vraiment le cadre idéal pour une jolie balade. En plus l’endroit est vraiment paisible, il n’y a presque personne…

Paisible… enfin jusqu’au moment où un petit groupe de femmes, magnifiquement habillées, maquillées et coiffées a fait son apparition sur l’avenue… je pensais qu’il devait s’agir de Maiko (apprenties Geiko) mais on m’a fait remarquer (merci @balbo42, si vous voulez voir de vraies Maiko et Geiko, c’est un compte à suivre), à juste titre, qu’il s’agissait en fait de touristes qui pratiquent ce qu’on appelle le “Maiko Henshin” 舞妓変身 (Transformation en Maiko), il s’agit d’une activité qui permet de s’habiller comme une Maiko pour se faire photographier. On peut en fait les différencier des Maiko grâce au maquillage : chez les Maiko Henshin, les lèvres sont maquillées entièrement, elles n’ont en général pas le motif sur la nuque et ce sont des perruques et non des vraies coiffures… même si je suis un peu déçue que ce ne soit pas des vraies Maiko, je dois avouer que leur kimono et leur coiffure étaient vraiment magnifiques…

Comme on a vu qu’elles posaient auprès des passants, on en a profité pour prendre nous aussi des photos (photo ci-dessous)… elles étaient tellement gracieuses, en plus avec le cadre magnifique de l’avenue et les couleurs de l’automne… tout était parfait.

Une fois remis de notre petite émotion, on rebrousse chemin pour voir et longer la rivière Kamogawa 鴨川. C’est vraiment un endroit magnifique, j’adore les maisons sur le côté gauche de la rivière et la vue sur les montagnes… en plus avec les couleurs automnales… de quoi conclure parfaitement notre journée à Kyôto.

Le quartier de Gion est vraiment un incontournable de Kyôto et on comprend pourquoi… la prochaine fois que je remets les pieds à Kyôto j’y retournerai avec grand plaisir, de nuit de préférence… de toute façon il faut que je vois le Gion Matsuri au moins une fois dans ma vie…


Mémo


S’y rendre ?

Si vous voulez vous rendre directement au quartier de Gion depuis la gare de Kyoto :

bus (environ 20 minutes) n°100 ou 206 sortir à l’arrêt Gion.

-train : Gion Shijo (Keihan line) et Kawaramachi station (Hankyu line)

Ou sinon vous pouvez y arriver à pied, depuis le temple Kiyomizu-dera, ça fait une jolie balade.

 

Horaire et tarif ?

-Sanctuaire Yasaka-jinja : toujours ouvert et l’entrée est gratuite

Gion Corner : situé au Yasaka Hall (avenue Hanami-Kôji), accessible depuis l’arrêt de bus Gion/Shijo-keihan

Performances tous les jours à 18h et 19h SAUF de décembre à 2e semaine de mars : seulement les vendredi, samedi, dimanche et jours fériés.

Fermeture : 16 juillet, 16 août et du 29 décembre au 3 janvier.

3150¥ (en cash)



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