ÉVÉNEMENT – L’histoire touchante du Nomugi Tôge Matsuri

Lors de mon échange universitaire à l’université de Shinshû (Matsumoto), j’ai eu la chance de participer à un matsuri (festival) très touchant, dont j’avais envie de vous raconter l’histoire : le Nomugi-tôge Matsuri 野麦峠まつり.
Le principe de ce matsuri consiste à grimper, en file indienne, jusqu’au col de Nomugi-tôge 野麦峠 (峠 tôge signifiant col), situé à 1672 mètres d’altitude. On commence à grimper à partir d’une certaine hauteur, et pas depuis le pied de la montagne, mais ça fait quand même une sacrée grimpette… Pendant la montée, on suit des jeunes filles habillées en tenue datant de l’ère Meiji et je vous explique tout de suite pourquoi.

L’origine du Nomugi Tôge matsuri
L’ère Meiji (1868-1912) est marquée par une période de profonds changements qui ont pour but de moderniser le pays et de rattraper le retard avec l’Occident… changements illustrés par le slogan : Fukoku Kyôhei 富国強兵 « enrichir le pays, renforcer l’armée ». Dans cette optique de modernisation, l’industrie du textile et de la soie étaient très importantes… c’est pour cela que le travail de la soie dans les filatures, assuré par des jeunes filles (12-13 ans), s’intensifia au point où ces jeunes filles travaillaient d’arrache-pied plus de 14h par jour.
L’actuelle préfecture de Nagano, et plus précisément la ville de Suwa, accueillait beaucoup de filatures. Ainsi les jeunes filles des autres préfectures, notamment de la préfecture de Gifu, étaient obligées de venir travailler dans la Préfecture de Nagano.
La Préfecture de Gifu est séparée de celle de Nagano par de hautes montagnes qu’il fallait traverser en passant par le col de Nomugi-tôge, tout de même situé à 1672 mètres. Ces jeunes filles de la préfecture de Gifu effectuaient donc un trajet très pénible, en file indienne, afin de rejoindre la préfecture de Nagano pour y travailler d’arrache-pied…

Comme les conditions de travail étaient vraiment extrêmes, beaucoup de ces jeunes filles ne tardèrent pas à tomber malade… Les conditions de vie très difficiles de ces jeunes filles ont été mis en lumière par un reportage, puis un film datant de 1979 : Ah! Nomuge Tôge. Le film (que je n’ai pas vu) raconte l’histoire de Masai Mine 政井みね, une jeune fille de 20 ans travaillant dans ces filatures. Très malade, elle voulait revoir une dernière fois la préfecture de Gifu avant de mourir… pour réaliser son souhait un homme la porta sur son dos jusqu’au col de Nomugi-tôge… Il y a d’ailleurs une statue les représentant dès que l’on arrive sur les hauteurs du col (voir photo plus haut).
C’est en l’honneur de ces courageuses jeunes filles que tous les ans a lieu ce Matsuri où l’on suit un cortège de jeunes filles habillées en tenue de l’époque qui empruntent une partie du même chemin parcourues des années plus tôt jusqu’au col de Nomugi-tôge.

Mon expérience du Nomugi Tôge matsuri
Même si la montée était assez sportive, surtout quand on s’arrête toutes les secondes pour prendre des photos et qu’il faut rattraper tout le monde, c’était vraiment une superbe expérience et un privilège de pouvoir suivre la trace de ces jeunes filles si courageuses.
Une fois en haut, on retrouve très vite l’ambiance des matsuri plus traditionnels, puisqu’on est accueilli par une mascotte en forme de maïs… et par la mascotte de Matsumoto : Alp-chan… (je l’adore tellement, elle a les alpes japonaises sur la tête…), et surtout par une vue incroyable sur les alpes japonaises. On était vraiment tout près du sommet enneigé, c’était magnifique…
Il y avait également un concert de Taiko (tambours japonais) et c’était vraiment super impressionnant avec la montagne enneigée en fond… (Je vous ai mis une petite vidéo en bas).
Pour nous remettre de nos efforts, on nous a également fourni une petite collation, que j’ai pas du tout aimé, du coup je me suis rabattue sur du Kakigôri : glace râpée avec du sirop, c’est super agréable quand il fait chaud ! Sur le chemin du retour, on s’est arrêtés avec ma fac pour manger des Soba (nouilles japonaises) dans un restaurant situé dans les montagnes, c’était vraiment très sympa.

Voilà pour la présentation de ce matsuri, c’était une expérience tellement enrichissante et inoubliable.
Texte et photos : Claire-Marie Grasteau
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Vidéos de Taiko (tambours japonais) :



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C’est le genre de journée qui rend heureux !
En plus il avait l’air d’avoir super beau temps !
Une bonne grosse fatigue, mais une bonne fatigue. Et de l’émotion avec cette histoire…
Merci pour l’article ^^
Oui, c’est exactement ça ! C’est vraiment super de pouvoir participer à ce genre d’événements et de pouvoir en apprendre plus sur l’histoire du pays 🙂
Ah les festivals quand revient le beau temps, tout une partie de la culture nippone.
Merci pour ton partage, tes photos et tes petites explications 🙂
Bises,
Ara
Je suis d’accord, c’est tellement agréable ! Contente que ça te plaise 🙂