Objets que l’on trouve dans les sanctuaires et temples du Japon

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Si vous avez eu la chance de vous rendre dans un sanctuaire ou un temple au Japon vous avez sûrement remarqué qu’on pouvait y acheter diverses choses en rapport avec la religion/croyance du lieu en question. Parmi ces objets, il y a les Omikuji  (おみくじ prédictions), les Omamori (お守り charmes de protection), les Ema (絵馬 plaques en bois pour y inscrire des prières), ou bien les Goshuin (御朱印 calligraphies).

Lorsque je visite un temple ou un sanctuaire, ce sont des objets que j’aime beaucoup regarder ou acheter… du coup je me suis dit que ça serait sympa de partager tout ça avec vous. Je souhaite vous parler de ces objets afin de vous les présenter bien sûr, mais aussi pour vous montrer les différences que l’on peut trouver d’un sanctuaire/temple à un autre.

 

Ema | Goshuin | Omikuji

 


Ema


Les ema sont des plaques en bois sur lesquelles vous pouvez inscrire des prières ou des souhaits, pour un prix allant de 500 à 1000¥. Ensuite il suffit d’accrocher ces plaques sur un présentoir spécial (Emakake 絵馬掛け) afin que les Kami (Dieux Shintô) puissent les lire.

Ema 絵馬 signifie littéralement “image de cheval“. Pourquoi le cheval ? Parce que le cheval était considéré comme la monture des Kami, du coup ils étaient devenus des animaux vénérés et il était de coutume, lorsqu’on voulait obtenir la faveur des Kami, d’offrir un cheval au sanctuaire.

Sauf que voilà, un cheval ça coûte cher, seulement les plus riches pouvaient donc demander la faveur des Kami. Il fut alors décidé de remplacer les vrais chevaux par des effigies de chevaux… et c’est ainsi que depuis la période de Nara (710-794), on dessine des chevaux sur une planche de bois. Bien que ce soit une tradition issue du Shintô, il n’est pas rare de trouver également des ema dans certains temples bouddhistes.


Rapidement, les sanctuaires et temples ont cherché à se démarquer en personnalisant le devant des ema : soit en y ajoutant l’effigie de l’animal du signe zodiaque de l’année en cours (Chien, serpent…), soit en y intégrant une effigie représentative du lieu. Et c’est justement ces ema personnalisées et parfois originales, que j’adore rechercher.

 En voilà quelques unes (de gauche à droite et de haut en bas) :

1) Ema du Temple Gotokuji (temple aux Maneki-neko)

2) Ema en forme de cœur du sanctuaire Meoto-daikokusha, situé près du sanctuaire Kasuga-taisha (Nara)

3) Ema en forme de renard au sanctuaire Fushimi-inari-jinja (Kyôto)

4) Ema Rilakkuma au Zenkô-ji (Nagano)   

5) Ema en forme de daruma, du Temple Daishô-in

6) Ema du sanctuaire Tagata-jinja où a lieu tous les ans un Matsuri (Festival) sur la fertilité

Il n’y a pas vraiment de règles concernant les vœux, ils peuvent concerner la santé, la famille, les relations amoureuses… Souvent quand c’est dans un but précis, on va dans un sanctuaire dédié au kami associé à ce souhait. Par exemple au moment des examens d’entrée, les étudiants se rendent dans des sanctuaires qui vénèrent le Kami Tenjin, le Dieu de la culture (ces sanctuaires portent le nom de “Tenmangû”), afin qu’il leur porte chance.

Avant, il était d’usage d’accompagner son vœu de son nom et de son adresse, mais dans un but de protection de la vie privée, cet usage fut délaissé au début des années 2000. On trouve donc sur les dma des vœux très variés, écrits dans de nombreuses langues… mais on y trouve aussi parfois des dessins (voir photo ci-dessous).


Les ema n’ont pas vocation à rester accrochées éternellement et sont souvent brûlées vers le milieu du mois de janvier avec tous les objets que l’on peut acheter traditionnellement dans un sanctuaire. Au moment de la nouvelle année au Japon, il y a la tradition du Hatsumôde 初詣, c’est à dire la première visite au sanctuaire de l’année.

À ce moment-là, on emmène avec soi tout ce qu’on a pu acheter au sanctuaire l’année précédente afin de s’en débarrasser et d’en acheter de nouveaux. C’est ainsi que dans certains grands sanctuaires, au moment du Tondo Matsuri (Matsuri = festival), qui a lieu aux alentours du 15 janvier, ces objets sont brûlés dans un grand bûcher. Sachez aussi, qu’au moment du nouvel an, certains sanctuaires sont décorés avec de très grandes ema, j’adorerais en voir !

 

Voilà pour cette présentation des ema… Et vous, vous aimez les ema ? Vous en avez déjà vu des originaux ? Si oui, dans quel sanctuaire/temple ? Vous pouvez également me les tweeter, ça m’intéresse de les voir (@japandafr).

 


Goshuin


Goshuin-chô
Lors d’une visite au sanctuaire ou au temple, il est possible d’y trouver un carnet que l’on appelle goshuin-chô 御朱印帳. C’est un carnet qui permet d’obtenir une magnifique calligraphie goshuin 御朱印.

Ce ne sont pas de simples calligraphies toutes prêtes à acheter… ce sont des calligraphies qui sont, pour la plupart du temps, faites devant vous par un moine bouddhiste (temple) ou un Kannushi (sanctuaire). Comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous, le goshuin-chô est composé de plusieurs pages blanches reliées entre elles et qu’on peut déplier comme un accordéon. C’est sur ces pages blanches que sont faites les calligraphies.

Tous les temples et sanctuaires ne font pas de goshuin, mais lorsque c’est le cas chaque sanctuaire ou temple possède son propre goshuin. Ce dernier contient le nom du temple/sanctuaire, la date, le tampon de l’endroit et parfois le nom du lieu ou d’autres annotations. Vous pouvez également trouver dans chaque sanctuaire ou temple proposant des goshuin, un goshuin-chô (carnet). Si parfois les carnets sont simples, ils sont souvent magnifiques avec des motifs en rapport avec l’endroit.

Goshuin-chô

Avant de choisir le mien, je m’étais renseignée sur internet pour voir quel goshuin-chô était disponible dans les sanctuaires que j’avais l’intention de visiter. J’avais jeté mon dévolu sur un sanctuaire situé près de la Tokyo Tower mais je n’ai pas eu le temps d’y aller… Ce fut un mal pour un bien puisque j’ai trouvé mon magnifique goshuin-chô rouge avec des jolis pétales de fleurs dans un sanctuaire du parc Ueno.

Sachez aussi que vous pouvez acheter des goshuin-chô, de différents motifs, dans certains magasins où il y a des articles de papeterie (ex: LOFT).

Maintenant que vous avez acheté votre goshuin-chô, il ne reste plus qu’a obtenir une calligraphie. Un goshuin coûte en moyenne 300¥ (parfois il peut coûter plus cher), et si vous achetez le carnet + la calligraphie, ça vous coûtera le plus souvent entre 1300 et 1500¥… mon goshuin-chô du temple Zenkô-ji m’a coûté un peu plus cher : 1700¥.

Ce que j’adore le plus dans les goshuin, c’est de pouvoir voir la personne calligraphier devant moi ! Et même si je trouve ça dommage quand la calligraphie est faite dans une autre pièce… il y a toujours la curiosité de découvrir la jolie calligraphie quand on récupère le carnet. La calligraphie étant faite à la main, le goshuin qu’on possède est vraiment unique… D’ailleurs en cherchant sur internet de quel sanctuaire venaient certains de mes goshuin, j’ai remarqué que certains goshuin en photos étaient différents des miens… ça n’en rajoute que plus de valeur. 

Comme j’adore les sanctuaires, j’ai tout d’abord commencé par acheter un goshuin-chô pour les sanctuaires (au sanctuaire Gojôten-Jinja 五條天神社, Parc Ueno) et je n’ai acheté celui pour les temples que récemment (au temple Zenkô-ji). 

J’en ai deux car même si les goshuin se trouvent aussi bien dans les temples bouddhistes que les sanctuaires shintô, il ne faut pas oublier que ce sont deux religions/croyances différentes, il me semble donc plus respectueux d’avoir au moins deux carnets différents, un carnet pour les goshuin faits dans les temples et un pour ceux faits dans les sanctuaires.  

Afin de trouver l’endroit où obtenir votre goshuin, je vous conseille de mémoriser les Kanji de goshuin :  御朱印 ou bien de les écrire quelque part. En général, on les trouve avec les autres achats possibles (omikuji, ema…) mais des fois ils sont dans un coin à part…

Une fois l’endroit trouvé, il vous suffit de tendre votre carnet des deux mains (c’est encore mieux s’il est ouvert à la bonne page) et de dire “goshuin onegaishimasu”, vous payerez au moment de reprendre votre goshuin-chô. Sachez aussi que selon les endroits, il est possible de choisir entre plusieurs goshuin, souvent il y a un tableau avec les différentes possibilités, il vous suffira de montrer du doigt celui que vous désirez…

Je trouve que c’est vraiment un magnifique moyen de se souvenir de votre passage dans un temple/sanctuaire, alors n’hésitez pas à commencer votre carnet tout en gardant toujours à l’esprit que c’est une activité liée à une religion/croyance donc respectez-la le plus possible.

Voici tous mes Goshuin avec le nom des temples/sanctuaires dans lesquels je les ai fait faire :

Mon goshuin préféré est celui du Hansôbô, 3e ligne, dernière photo ci-dessus

 

Voilà pour cette présentation des goshuin… Et vous, vous collectionnez les goshuin ? Vous en avez déjà vu des originaux ? Si oui, dans quel sanctuaire/temple ? Vous pouvez également me les tweeter, ça m’intéresse de les voir (@japandafr).

 


Omikuji 


L’omikuji おみくじ est un objet incontournable des temples/sanctuaires. On le trouve souvent accroché, sous forme de bandelette, sur des présentoirs (photo ci-dessus), à différents endroits dans l’enceinte des temples/sanctuaires.

Les omikuji sont en fait des prédictions que l’on tire au sort afin de savoir si on aura ou non la chance de voir ses projets se réaliser… Si de nos jours le résultat des prédictions est plutôt pris à la légère, le fait de tirer au sort était autrefois une pratique très courante et le résultat était pris très au sérieux, car on considérait que les dieux influençaient le résultat. À cette époque, le tirage au sort était utilisé pour des affaires très sérieuses, comme par exemple pour choisir le prochain shôgun (gouverneur militaire) du Japon.

À partir de l’époque Kamakura (1185-1333), l’Omikuji est devenu une pratique effectuée dans l’enceinte des temples et sanctuaires. Leur forme aurait été inventée par le prêtre Ryôgen (912-985), qui officiait au temple Enryaku-ji 延暦寺 situé sur le Mont Hiei 比叡山.

Il y a plusieurs façons de tirer un omikuji. Par exemple, comme on peut le voir sur les photos ci-dessous, il y a parfois un recoin avec plusieurs tiroirs numérotés, ainsi qu’une boite. Il suffit de payer (100¥ le plus souvent) et de secouer la boite jusqu’à ce qu’un bâton en tombe. Sur ce bâton est inscrit un numéro, il ne reste plus qu’à ouvrir le tiroir avec le numéro correspondant et à prendre une prédiction.

Parfois, on trouve tout simplement une boîte contenant plusieurs omikuji, il suffit de payer et de choisir un papier au hasard. Aussi, comme le Japon est le pays des distributeurs automatiques, il n’est pas surprenant de voir qu’il en existe même qui distribuent des omikuji...

Dans certains temples/sanctuaires, on trouve même des omikuji incorporés dans un petit objet adorable (daruma, cerf, lapin…). Ils coûtent un peu plus cher, 500¥ le plus souvent, mais font un souvenir incroyable ! Et dans certains sanctuaires/temples, on trouve même ces petits objets dans des distributeurs automatiques (la boucle est bouclée), comme sur la 2e photo ci-dessous.

Une fois qu’on a tiré au sort une prédiction, on se retrouve avec un papier qui contient plusieurs informations, dont la plus importante va nous permettre de savoir si nos rêves vont se réaliser ou non…

Il y a plusieurs degrés de chance, que l’on retrouve classés dans les catégories suivantes :

大吉 daikichi forte chance | 吉 kichi bonne chance | 中吉 chûkichi chance moyenne | 小吉 shôkichi petite chance | 半吉 hankichi demi-chance | 末吉 suekichi chance à venir | 未小吉 sueshôkichi un peu de chance à venir

kyô malchance | 小凶 shôkyô petite malchance | 半凶 hankyô malchance moyenne |  末凶 suekyô malchance à venir | 大凶 daikyô forte malchance

Si vous avez reçu une mauvaise prédiction, ce n’est pas très grave, il suffit d’accrocher l’omikuji sur les endroits réservés à cet effet dans l’enceinte du temple/sanctuaire, ainsi vous laisserez la mauvaise chance derrière vous. Les endroits réservés aux omikuji changent d’un sanctuaire/temple à un autre : parfois ils sont accrochés sur un présentoir spécial, en forme de cône ou de barrière, alors que parfois, et ce sont mes préférés, ils sont directement accrochés sur les branches des arbres

Sur l‘omikuji, il n’y a pas que le degrés de chance qui est indiqué, il y a également différentes rubriques avec des prédictions plus détaillées, concernant par exemple l’amour, la santé, les études… Ces prédictions sont en fait tirées d’anciens poèmes, du coup c’est un peu compliqué à comprendre (même en parlant japonais…), heureusement parfois il y a des traductions anglaises.

Il est coutume de faire une prédiction à la nouvelle année, lors de la première visite au temple… mais on peut en faire pour n’importe quelle occasion. Aussi, si vous souhaitez en savoir plus sur votre futur amoureux, il existe dans certains sanctuaires/temples spécialisés, des prédictions centrées sur l’amour. Par exemple au sanctuaire Meoto-Daikokusha 夫婦大國社, situé à proximité du sanctuaire Kasuga-Taisha de Nara, on peut acheter des “prédictions d’eau” mizu uranai 水占い. Comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous, il s’agit d’une feuille qu’il suffit de mettre au contact de l’eau afin que la prédiction apparaisse. Je trouve cet omikuji vraiment très joli et le principe de faire apparaître la prédiction grâce à l’eau est vraiment très sympa.

Voilà pour cette présentation des omikuji… Et vous, vous aimez les omikuji ? Vous en avez déjà vu des originaux ? Si oui, dans quel sanctuaire/temple ? Vous pouvez également me les tweeter, ça m’intéresse de les voir (@japandafr).

 


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