KYÔTO – Le sanctuaire Yasaka-jinja et l’origine du Gion matsuri

Il y a tellement de lieux à voir à Kyôto, qu’il est parfois difficile de savoir par où commencer… Pour notre première visite, on a décidé de se balader à pied dans l’est de la ville, de la gare jusqu’au quartier de Gion, en passant par le temple Kiyomizu-dera et le sanctuaire Yasaka-jinja 八坂神社.
Le Yasaka-jinja est parfaitement situé entre le quartier d’Higashiyama, où l’on trouve le Kiyomizu-dera, et le quartier traditionnel de Gion. Il est également lié à l’un des trois plus importants festivals du Japon, le Gion matsuri.

Infos pratiques sur le Yasaka-jinja
Le sanctuaire est accessible depuis l’arrêt de bus Gion (ligne 206) et depuis les gares de Gion Shijo (ligne Keihan) et Kyoto Kawaramachi (ligne Hankyu).
Sinon vous pouvez y accéder en une vingtaine de minutes à pied depuis le Kiyomizu-dera, c’est ce que nous avons fait.
L’enceinte du sanctuaire est toujours ouverte et gratuite.
Histoire du sanctuaire Yasaka-jinja
Le sanctuaire Yasaka-jinja est très ancien et il y a deux hypothèses quant à sa date de création. Selon la première hypothèse, le sanctuaire aurait été construit en 656 par un fonctionnaire du royaume coréen de Koguryo. Selon la seconde hypothèse, qui au final semble la plus plausible, le sanctuaire aurait en réalité été construit en 876 par un moine japonais pour honorer Gozu Tennô 牛頭天王.
Gozu Tennô est à l’origine une divinité du bouddhisme, protectrice du monastère de Jetavana (Inde). Comme en japonais son nom se prononce Gion-shoja, le sanctuaire Yasaka-jinja portait à l’époque le nom de Gion-sha. Ce roi à la tête de taureau est associé à la protection des maladies et de la peste.
Pendant de nombreuses années, le bouddhisme et le shintô furent très proches et les divinités bouddhistes avaient leur équivalent chez les kami shintô, et vice-versa, du coup Gozu Tennô fut associé au kami des tempêtes, Susanoo. En 1868, avec la restauration de Meiji et le décret sur la séparation du shintô et du bouddhisme (Shinbutsu Bunri), Gozu Tennô fut mis de côté, le sanctuaire fut quant à lui renommé Yasaka-jinja et fut dédié seulement à Susanoo.
Pour en savoir plus sur Susanoo et les autres divinités de la mythologie japonaise, vous pouvez vous procurer notre guide (ebook) pour Voyager sur les traces de la mythologie japonaise (disponible aussi sur Amazon).

L’histoire du Gion matsuri
Si, comme moi, vous aimez les matsuri, les festivals japonais, vous devez sûrement connaître l’existence du Gion matsuri 祇園祭, l’un des trois grands festivals du Japon (les deux autres sont le Tenjin matsuri et le Kanda matsuri). L’origine de ce matsuri remonte à 869, lorsque la ville fut touchée par de fortes épidémies causées par les eaux stagnantes qui ont débordé de la rivière Kamogawa pendant la saison des pluies. Afin d’apaiser les mauvais esprits, l’empereur décida d’organiser un rituel, appelé Goryô-e 御霊会, impliquant la procession de 66 hoko (hallebarde /lance), une par région. Dès 870 le rituel devient régulier, puis implique Gozu Tennô, la divinité du Yasaka-jinja, et les hoko deviennent des chars de plus en plus importants.
De nos jours le matsuri se déroule chaque année pendant tout le mois de juillet. Parmi les événements du matsuri 33 chars imposants (6m de haut) et magnifiquement décorés, appelés Yamaboko 山鉾, sont exposés du 14 au 16 juillet dans les rues afin d’être admirés. Ces chars, représentant les différents quartiers de la ville, sont particulièrement magnifiques à la tombée de la nuit puisqu’ils sont illuminés. Ensuite, le 17 juillet les chars quittent le sanctuaire Yasaka-jinja pour une procession dans tout le quartier… On devait s’y rendre lors de notre année au Japon, mais on n’a finalement pas pu et je le regrette amèrement.

Notre visite du sanctuaire Yasaka-jinja
Parmi les nombreux bâtiments du sanctuaire, j’ai particulièrement adoré le Kagura-den, une scène où l’on pratique les danses sacrées : Kagura 神楽 et où l’on joue de la musique en offrande aux kami (divinités shintô) lors des cérémonies. J’aime beaucoup toutes les lanternes sur ce bâtiment qui s’illuminent d’ailleurs une fois la nuit tombée… je trouve cet endroit vraiment plein de charme et j’aurais adoré le voir de nuit. Pour l’anecdote, sachez que chaque lanterne porte le nom d’un commerce local (obtenu en échange d’une donation).
Même si le sanctuaire doit être très fréquenté toute l’année, puisqu’on est à Kyôto, il y avait quand même beaucoup de monde lors de notre visite car on était en pleine célébration du shichi-go-san 七五三. Le shichi-go-san, littéralement « sept-cinq-trois », est une cérémonie qui se tient dans les sanctuaires tous les 15 novembre afin de célébrer tous les enfants de 3 ans, les garçons de 5 ans et les filles de 7 ans… il y avait donc beaucoup d’enfants et de familles ce jour-là au sanctuaire.

Même s’il y avait du monde, l’enceinte du sanctuaire est tellement vaste qu’on pouvait sans problème trouver des coins où il n’y avait presque personne. En plus, l’avantage des matsuri c’est qu’il y a des yatai (stands de nourriture) avec plein de bonnes choses à manger…
Après avoir visité chaque recoin du sanctuaire (et mangé un peu…), on s’est finalement dirigés vers la porte rouge du sanctuaire, qui donne directement sur l’avenue Shijô-dôri 四条通 du quartier de Gion.

Voilà pour cette petite présentation du sanctuaire Yasaka-jinja de Kyôto. J’ai vraiment beaucoup aimé ce sanctuaire plein de charme.
Et vous, ça vous a donné envie de découvrir ce sanctuaire ?
Texte : Claire-Marie Grasteau
Photos : Kevin Kabri
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